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Hello toutes et tous,
Je n'ai rien posté depuis quelques temps, pour la raison suivante : Je me suis faite plaquer. Ou je l'ai plaqué. Enfin on s'est plaqués quoi.
Et oui, pour mémo, mon mec avec qui j'étais depuis deux ans et demi était parti aux Etats-Unis pour son taff, il m'a laissé l'attendre deux mois pour me dire finalement qu'il était "perdu", et qu'il ne "savait plus où il en était par rapport à nous deux". Grosse blague. J'ai donc pris le taureau par les cornes (douce ironie dans l'expression si jamais il y avait une autre fille là-dessous ...) et j'ai décidé de mettre fin à cette relation destructrice. Sans blague, en deux ans et demi j'ai eu droit à trois phases "je suis perdu". Il fallait que ça s'arrête. On ne peut pas indéfiniment se donner corps et âme dans une relation à sens unique.
Après cette poussée de force venue d'on ne sait où qui me servit à mettre fin à cette histoire, bien évidemment, il y a eu la redescente. Je l'ai regretté, je le lui ai dit, mais c'était trop tard. On savait tous les deux que c'était fini. Il m'apprend finalement qu'il revient en France le 5 mai, qu'il veut qu'on se voie pour parler. Nous sommes le 10 et c'est le silence radio. Mais ce n'est pas plus mal, le fait de ne pas l'avoir vu depuis deux mois m'aide déjà à aller de l'avant (si c'est comme ça qu'on appelle la période de débauche qui suit généralement une rupture), et je préfèrerais éviter de le revoir pour réussir à l'oublier. Mais devinez quoi ? Son chez lui est à 50 mètres de mon chez moi. Merci donc à toutes les filles agents immobiliers de me dégoter un appart à mille lieues du 6ème (ma santé mentale en dépend, merci de votre compréhension).
De là, j'ai revu P., un mec avec qui j'avais fricoté au lycée, et qui soit dit en passant me plaît toujours autant. On s'est fait des soirées, des balades ... et plus si affinités (qu'il y eut).
C'est la relation parfaite quand on vient d'achever (au sens propore comme au figuré) une histoire longue. Avec P., On se voit si on veut, on s'appelle si on veut, bref, zéro contrainte et que de bons moments. En somme, les avantages du couple sans les inconvénients. Et Dieu sait que celui qui tentera de me mettre la corde au cou après ce que je viens de vivre va devoir se lever tôt ! Histoire à suivre donc.
Et au fait, après le célibat : le chômage. Je suis en train de perdre mon boulot ...
Joli mois de Mai, quand reviendras-tu ...
Bisous.
Sara
Comme je vous l'ai dis, durant ma période la plus sombre j'ai eu la chance de connaitre une amitiée hors du commun.
Chloé, rencontrée à l'hôpital, un contexte peu avantageux mais une aventure humaine tellement inoubliable ! Après deux trois regards de loin nous étions peu convaincues de nous entendre et finalement quelques jours après elle a fait un pas vers moi. Un pas que je n'oublierais jamais.
De là nous nous sommes découvertes des passions communes, notre rencontre a été aussi soudaine que fusionnelle. Nous parlions, riions...Elle me manquait dès que je ne l'aperçevais plus, je la cherchais pendant les repas ou dans les couloirs, et chaque fois que je me couchais j'avais hâte de la retrouver à mon réveil.
Je suis tombée amoureuse amicalement. Une expérience fabuleuse. Ce petit bout de femme m'impressionait. Elle avait survécu à un accident grave, marchait, riait et se foutait de ce que les gens pensaient.
C'est elle qui m' a rassurée, aidée, écoutée, parlé quand je ne me sentais pas capable. Mon miracle, ma dose d'espoir et une grande leçon de vie.
Elle se foutait de l'avis des autres, pouvant se mettre a danser et chanter à tous moments et n'importe où. Elle a été mon ange gardien et mon pas vers la rémission. Nous faisions des projets de shoppping, de sorties, de déjeûners qui me donnaient hâte de sortir et de profiter de la vie avec elle.
Son sourire nous réchauffait tous et ses phrases d'encouragement nous on tous leurrés. Personne ne se doutait du mal être plus profond et bien présent qui rongeait Chloé depuis des années.
Un week end elle est partie trois jours, me promettant de revenir et de m'appeler si ca n'allait pas. J'ai eu à nouveau ses SMS durant deux jours pour veiller sur moi quand elle s'inquiétait de savoir si j'allais bien.
Le lundi 21h30, heure de son retour que j'attendais avec impatience, Chloé n'est pas rentrée. Ce n'est que le lendemain que j'ai compris qu'elle ne reviendrai jamais.
J'ai appris son décès en fin de journée le mardi. Et un gouffre s'est formé dans ma poitrine, les larmes ont coulé pendant des heures. L'incompréhension, la douleur et la colère devant son geste et son manque de confiance en notre soutien. Seulement son destin aura fini d'achever le mien et de me faire comprendre que nul n'a le droit de décider de partir et à quel point cette décision fait mal à ceux qui nous aiment.
Tu me manque chaque jour petit ange. Je sais qu'on se reverra mais pas de si tôt.
Ne gardez jamais votre mal être pour vous même, car enfermés avec votre esprit vous êtes facilement attirés par le vide et parfois...Dans un moment de désespoir comme Chloé...On saute....
Je t'aime choupette <3
Bisous
Julie
Bon voilà, je sens enfin le courage et la force de parler de la raison de mon absence prolongée...
Comme vous aviez pu le lire récemment j'avais l'impression d'aller de moins en moins bien. Mes problèmes me semblaient des montagnes insurmontables, la solitude était présente dans chacun de mes actes, l'écoute des autres et leur compréhension me semblaient bien inutiles.
Donc je ruminais, je me cachais la vérité à moi même comme à mon entourage par de subtiles "oui oui t'en fais pas ca va !" alors que je restais seule avec mes pensées dramatisées et amplifiées, n'hésitant pas à me servir de l'alcool de temps en temps comme exhutoire, jusqu'à ce fameux mardi...
Un coup de "bas" plus bas que les autres, personne à mes côtés ce soir là, une boite de médicaments, la peur au ventre, une voix dans ma tête dramatisant la
situation et soudain le plongeon : un cachet, puis deux, puis trois...Et enfin vingt-cinq accompagnés d'un aller simple pour les urgences. Des parents en pleurs, des amies affolées,
l'incompréhension d'un frère...
Fort heureusement mon corps a resisté et l'hospitalisation ne s'est pas faite attendre, au sein du service appelé le SASS de Sainte-Anne à savoir le Service d'Accueil des Suicidants et Suicidaires. Bon je passe sur les faux à priori que l'on se fait de l'établissement, preuve en est que je suis sortie tout à fait guérie.
Donc deux semaines à parler chaque matin avec des psy -chologues ou -chiatres tout dépend des jours, un nouveau traitement, beaucoup de questions et de réflexions. Un soutien énome de ma famille et de mes proches, de nouvelles habitudes de vie plus saines et de nouvelles résolutions. Et surtout une amitié magnifique y est née à laquelle je consacrerais tout un article prochainement.
Donc réinsertion progressive dans notre quotidien afin qu'aucun patient n'ait peur de sortir de ce "cocon" que l'on nous offre là bas, où une équipe géniale d'infirmiers est prête à nous écouter 24h/24, où l'on sent que l'on est en sécurité. Jusqu'au jour où l'on comprend.
On comprend que la vie est belle, que ce choix ne nous appartient pas, qu'il est normal de ne pas toujours être bien, que les autres sont là pour nous aider, que parler et se confier est plus important que tout, que l'on compte pour beaucoup de gens et qu'énormément de belles choses nous attendent, tout simplement, que l'on a envie de vivre sa vie...
Alors à ce moment là seulement, on comprend qu'il est possible de "guérir" et, tel un oisillon, on reprend son envol vers le futur qui nous attend.
Bisous Bisous
Julie
t'en penses quoi ?